L'eider à duvet

L'EIDER A DUVET.

Eider à duvet de dos, tête tourné.

L'eider à duvet niche le long des côtes nordiques. Son duvet constitue l'un des matériaux les plus performants en matière de conservation de la chaleur corporelle. L'eider à duvet passe toute sa vie d'adulte au froid, pêchant dans des eaux glacées et agitées, dormant balloté par les vagues. Aucun autre canard n'a autant de liens avec la mer et peu nombreux sont ceux qui égalent ses capacités de plongeur.

 

Habitat :

L'eider fréquente les côtes inhospitalières du nord de l'Atlantique et du Pacifique jusqu'aux latitudes arctiques. Il descend au sud lorsque les eaux nordiques gèlent en hiver, mais retourne vers le nord pour nicher. C'est un oiseau robuste, apte à tolérer des conditions que la plupart des êtres vivants ne supporteraient pas. Il peut s'endormir sur des rochers fouettés d'écume et livrés au ressac. Au large, les groupes d'eiders essuient les tempêtes, montant sur la crête des vagues et plongeant dans les creux, la tête rentrée dans la poitrine. L'eider se nourrit au milieu des récifs battus par les vagues, se laissant porter vers les rocs et s'en écartant, alors même qu'il semble devoir s'y écraser. Bien que l'eider soit armé pour affronter les pires conditions, il préfère les calmes estuaires ou les fjords, et s'assemble en troupes là où les reliefs coupent le vent. Ces côtes abritées sont également des sites parfaits de nidification, l'eider aimant à nicher près de la mer mais hors d'atteinte des vagues.

Colonie d'eiders à duvet sur plage, bord de mer.

 

Alimentation :

L'eider se nourrit surtout de fruits de mer comme les moules, les coques ou les crabes. C'est un grand consommateur de moules, dont il peut briser la coquille ; les plus petites sont avalées entières. L'eider peut rester sous l'eau 30 secondes en moyenne et arrive à dépasser une minute. Plongeant souvent à 10 mètres, il peut descendre jusqu'à 15 mètres de fond pour se saisir d'une moule qu'il mangera à la surface.

En mer, les eiders se réunissent souvent au-dessus d'écueils immergés, disparaissant au milieu des vagues pour aller récolter des coquillages fixés au rochers. A marée haute, ils plongent profondément pour capturer les crabes nichés dans les algues en deçà de la laisse de basse mer ; à marée basse ils pataugent dans l'eau peu profonde. Dans les estuaires, l'eider peut brasser la vase en agitant vigoureusement ses pattes palmées, puis plonge le bec pour capturer une coque ou un crabe avant leur fuite.

3 Eiders à duvet cherchant des mollusques à marée basse, algues.

lepigeonmigrateur.eklablog.com

 

Reproduction :

Lors de la parade, le mâle tourne autour de la femelle en criant doucement et en hochant la tête. La femelle montre son assentiment en imitant ce manège et, enfin, permet l'accouplement. Après cela, le couple gagne le rivage à la recherche d'un site de nidification. L'eider niche parfois dans les marécages ou même dans les bois, mais choisit en général un site près du rivage, à l'abri d'un rocher ou d'un tronc échoué. En des lieux privilégiés comme les îlots dépourvus de renards ou de rats, les eiders nichent ensemble en vastes colonies, les nids étant distants de quelques mètres. Chaque oiseau est jaloux de son territoire et le défend le cas échéant.

Une fois l'endroit choisi, mâle et femelle se séparent. Le premier part muer alors que la seconde bâtit un nid d'herbes et d'algues. La construction est ensuite tapissée de duvet que la femelle s'arrache de la poitrine et qui favorise la protection thermique des oeufs. Les rares fois où la femelle quitte le nid, elle prend soin de recouvrir ses oeufs de duvet afin de les dérober à la vue de pillards comme les labbes. Mais la plupart du temps, elle reste immobile, rendue invisible par son plumage camouflé. Les poussins en duvet noir se montrent actifs presque dès l'éclosion et, au bout de quelques heures, sont conduits à l'eau par la femelle. Ils plongent dans l'écume et se hâtent de gagner des eaux moins agitées en arrière de la barre des vagues. Là, les adultes leur montrent comment plonger pour pêcher.

Observation :

En France, on peut observer l'eider surtout en hiver, le long des côtes nord du pays, surtout en mer du Nord. En fait, les canards occupés à se nourrir à cette époque près du rivage sont presque toujours des eiders. De loin, les mâles paraissent blancs avec la calotte, les flancs et la queue noirs ; mais, de près, on peut voir du vert pâle à la nuque et du jaune rosé à la poitrine. Très typique, le bec est triangulaire, épais et remonte haut vers l'oeil. La femelle en est aussi pourvue, mais son plumage est brun tacheté et barré pour garantir la discrétion du nid. Mais si on parvient à le repérer, il est possible qu'elle se laisse approcher et même toucher.

Poussins eiders à duvet au nid.

 

Protection :

La collecte du duvet n'a que peu d'effet sur les populations, et les effectifs sont en progression. En revanche, les zones de reproduction et d'hivernage sont exposées à la pollution par les hydrocarbure.

Répartition :

Autour de l'Arctique, sur les côtes ou à proximité ; niche au sud jusqu'en Nouvelle-Ecosse, en Bretagne et sur la Baltique. Descend plus au sud en hiver.

 

Eider à duvet femelle sur l'eau, suivit de ses 3 poussins.

DIMENSIONS

REPRODUCTION

MODE DE VIE

ESPECES PROCHES

Longueur : 51 - 71 cm.

Maturité sexuelle : à 2 ou 3 ans.

Mœurs : marin, grégaire.

Des 3 autres espèces d’eiders, les plus proches sont l’eider à tête grise et l’eider à lunettes.

Envergure : 80 - 180 cm.

Accouplements : avril à juillet.

Régime : mollusques marins et crustacés.

 

Poids : mâle, 2, 2 kg ; femelle, 2 kg.

Pontes : 1 par an.

Cris : mâle, doux « aon » ; femelle, croassement rauque.

 

 

Œufs : 4 - 6, vert pâle.

 

 

 

Incubation : 28 jours.

 

 

 

Envol des jeunes : à 70 jours.

 

 

 

 

Voir L'harfang des neiges

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